LA FIN DE VIE ? :
cycle de conférences-débats organisées par le Centre Huit et le GIP78

Pourquoi ce sujet maintenant :
  • Volonté du Président de la République, au vu des situations personnelles que les pratiques actuelles ne permettent pas de régler (contexte: Convention Citoyenne sur la fin de vie en vue de la révision de la loi Claeys-Léonetti et son corpus documentaire ).
  • Le GIP78 et le Centre Huit ont pensé qu’un éclairage à plusieurs voix pourrait permettre de mieux comprendre les enjeux et les évolutions possibles de la loi et sur ce qu’elle dit de notre société.
  • Pour cela un groupe multiconfessionnel s’est réuni autour du GIP78 et de l’Association Centre Huit et a proposé un cycle de conférences pour aider à réfléchir sur ces sujets en 3 temps :
          1. De quoi parle-t-on ? La loi et la pratique en France aujourd'hui, et demain...?
          2. Quelle relation à la mort dans notre société ?
          3. En quoi choisir sa mort interpelle les Églises et les religions ?

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              Mercredi 24 mai 2023                        La fin de vie : La loi et la pratique en France aujourd'hui, et demain...?

                avec le Professeur Régis AUBRY , Agrégé et docteur en philosophie, chercheur associé au département de philosophie de l’université de Nantes. Membre de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs ( SFAP ), il intervient dans les formations des personnels soignants. Depuis 25 ans, il accompagne les personnels de santé et les personnes en fin de vie.

    Thèmes abordés.
    1. Avis 139 du Comité Consultatif national d’Éthique (CCNE) publié le 13/9/2022
          Questions éthiques relatives aux situations de fin de vie. Respecter l’autonomie de la personne et assurer la solidarité envers les personnes les plus fragiles en
        • mettant en œuvre une vrai politique autour des personnes en vulnérabilité,
        • renforçant les mesures de santé publique dans le domaine des soins palliatifs,
        • satisfaisant des exigences éthiques incontournables en cas de dépénalisation de l’aide active à mourir.
    Recherche de la juste articulation des principes de liberté, de dignité, d’équité, de solidarité, et d’autonomie.
    2. Pourquoi auto saisine du CCNE ?
        • Pour prendre le temps de réfléchir car le débat est d’actualité. Cf. Proposition de loi Falorni du printemps 2021, plutôt que d’être saisi d’urgence par le Parlement.
        • Avec les avancées scientifiques de la médecine, les questions relatives à la fin de vie ne peuvent plus être réduites à la toute fin de vie, ni aux personnes malades dont le pronostic est engagé à « court terme ».
        • Crise du système de santé avec une tendance à la médicalisation de la fin de vie : soignants dans le « cure » (traiter pour guérir par la puissance technique, tarification à l’acte en milieu hospitalier) en dévalorisant le « care » (éthique de la sollicitude : prendre soin d’autrui).
        • Evolution positive du droit des personnes à la fin de leur existence ( loi Claeys-Léonetti du 2 février 2016 encadrant la pratique de la sédation profonde et continue), mais décalage entre l’appropriation de ce droit et son application.
    3. Quel sens de la vie en présence d’une perte importante et irréversible de l’autonomie ?
          Deux aspects à distinguer de la perte d’ autonomie  :
        • perte de la liberté de prendre les décisions qui vous concernent,
        • dépendance d’autrui pour les actes ordinaires de la vie.
    4. Les personnes vulnérables doivent être des sujets, alors qu’elles ont un sentiment d’indignité.
        • Peur de la mort, de mourir, de mal mourir, de souffrir, de faire souffrir son entourage.
        • La sollicitation d’une aide active à mourir traduit en particulier la peur de mal vieillir: de subir l’isolement, la solitude, l’invalidité, la dépendance ou l’absence d’accès à des soins palliatifs.
        • Les demandes de mort peuvent aussi être l'expression d'un profond syndrome anxiodépressif (qu’il faut évaluer et traiter) dans une situation où les pertes de fonctions et d’autonomie se succèdent, engendrant une perte de l'estime de soi.

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              Mardi 13 juin 2023                        Quelle relation à la mort dans notre société ?

                avec le Professeur Jacques RICOT , Président de la section Technique de l' Observatoire National de la Fin de Vie et membre du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé. Chef du pôle Autonomie Handicap au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Besançon, Chercheur Associé à l’Institut National des Etudes Démographiques, Professeur Associé des Universités.

    Thèmes abordés.
    1. Passage de la bonne mort à la belle mort.
    2. Nier la mort.
    3. Notre époque n'aime pas la vulnérabilité.
    4. Le suicide assisté.
    5. Eliminer le souffrant pour combattre la souffrance.                                     Replay

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              Date à définir en 2024                        En quoi choisir sa mort interpelle les Églises et les religions ?

               
    Soirée (20h15-22h) de dialogue au travers d’une table ronde avec des théologiens (juif, catholique, protestant, musulman) et praticiens abordant les thèmes suivants.

  • Comment les religions adressent la question de :
          a. la souffrance pour quelqu'un dont la souffrance est devenue insupportable (douleurs, souffrance psychologique, dignité dégradée) ;
          b. personnes qui sont dans un état qui ne peut s’améliorer (maladie chronique, dépression chronique, etc.).
  • Comment les religions se positionnent par rapport à la fin de vie volontaire ?

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